Rimes
Pauvres

(titre provisoire)
En création

Note d'intention

Je souhaite raconter, sans violence et avec humour, comme dans chacun de mes spectacles, des histoires d’enfants abandonnés ou retirés de leurs familles. Raconter les parcours de vie après l’Aide sociale à l’enfance (ASE), montrer comment, à tout juste 18 ans, certain.es jeunes sortent de ces dispositifs parfois sans ressources, sans accompagnement, sans filet.
Avec finesse je veux traiter de la complexité de ces parcours, tout en m’attachant à ne pas réduire l’Aide sociale à l’enfance à une succession d’histoires sombres.

Si ces services sont, à juste titre, largement critiquables et doivent être interrogés dans leur fonctionnement, il faut cependant rappeler qu’ils jouent aussi un rôle fondamental, celui de protéger.

Pour certains enfants, l’Aide Sociale à l’Enfance représente une possibilité de mise à l’abri, une chance de sortir d’un environnement dangereux et de retrouver, parfois, des conditions de vie plus sécurisantes et plus stables. Ainsi, et comme à mon habitude, le spectacle s’attachera également à montrer le quotidien des salarié.es et de ces institutions.  Les éducateurs et éducatrices de ces structures peuvent parfois être responsables de violences graves, c’est une réalité, mais ils et elles sont le plus souvent des personnes engagées, soutenantes, qui tentent d’effectuer leur travail malgré des conditions d’exercice déplorables, un manque criant de moyens et une faible reconnaissance.

Gérée par les départements, l’Aide Sociale à l’Enfance est marquée par de fortes inégalités territoriales, notamment en matière de placement et d’accompagnement des enfants. Le spectacle abordera donc les problématiques spécifiques liées à ce service public départemental en grande souffrance, mais cherchera aussi à poser plus largement la question de l’intérêt des enfants et du regard que la société porte sur eux et elles. C’est en effet la critique d’un système global que je souhaite proposer à travers ce spectacle, montrer comment les politiques libérales et d’austérité, dans de nombreux domaines, entraînent des conséquences très concrètes sur la vie des individus, et plus encore sur celle des mineurs confiés à cette institution de la protection de l’enfance.

Il s’agit aussi de raconter des histoires d’enfants trop peu écoutés, ballotés de familles d’accueil en foyers, rarement associés aux décisions qui les concernent, et dont la parole est souvent reléguée au second plan.

L’Aide Sociale à l’Enfance
En France, chaque année, 140 000 enfants font l’objet d’une mesure de placement à l’Aide sociale à l’enfance. Au 31 décembre 2023, 384 900 mineurs et jeunes majeurs bénéficiaient de mesures d’ASE et 57 % d’entre-eux étaient accueillis en dehors de leur milieu de vie habituel

Teaser

Durée : 2h40

Distribution

mise en scène Maurin Ollès 
● écriture Maurin Ollès
avec l’ensemble de l’équipe artistique 

Mentions

Production Compagnie La Crapule
Coproduction en cours, La Criée – Théâtre National de Marseille…
Résidences attendues Maison de l’Enfance L’Eau Vive, Codoux (13) ; Domaine de l’Étang des Aulnes — Centre départemental de créations en résidence ; Gare Franche – Le Zef, Scène Nationale de Marseille
Soutiens attendus Carte blanche aux artistes de la Région Sud, Département des Bouches-du-Rhône, Ville de Marseille, Appel à projet Ensemble en Provence (Département des Bouches-du-Rhône), Appel à projet Culture et lien social (DRAC PACA), Jeune Théâtre National
La compagnie La Crapule est conventionnée par le Ministère de la Culture-DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Notes

Ce nouveau projet s’inscrit dans la continuité de ma recherche sur la prise en charge des marginalités et sur le fonctionnement des institutions publiques. Je travaille depuis plusieurs années maintenant sur les politiques publiques en matière de drogues et d’addictions.

Je m’intéresse à la manière dont les personnes usagères de drogues sont prises en charge, à la façon dont fonctionnent les services publics, aux pratiques encouragées, aux dispositifs réellement accessibles. J’interroge le monde associatif et ses contraintes. J’explore aussi la répression policière, l’état des prisons, le rôle des magistrats. Et enfin je regarde le monde universitaire, et j’interroge les chercheur.ses spécialistes des sujets de drogues et de réduction des risques.

Je me concentre donc sur trois grandes institutions :

  • L’institution sanitaire et médico-social : hôpitaux, structures de réduction des risques, CSAPA (Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), CAARUD (Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des Risques).
  • L’institution judiciaire : avocat.es, magistrat.es, contrôleurs.euses judiciaires, législation liée à l’usage et à la vente de drogues, visites en prison, observation de procès.
  • L’institution universitaire : ses recherches, ses angles morts, sa capacité à financer, soutenir et diffuser les travaux sur les drogues, les addictions et la réduction des risques, son intrication avec le milieu associatif et politique.

Dans Hautes Perchées nous parlons des substances psychoactives, qu’elles soient illégales (cocaïne, héroïne, MDMA, cannabis) ou légales (alcool, antidépresseurs, anxiolytiques). Je veux rappeler ici (et nous le faisons aussi dans le spectacle) que l’addiction ne concerne qu’une minorité d’usagers, la plupart ayant un usage récréatif.

Après avoir travaillé sur la jeunesse délinquante en France et sur la manière dont les politiques publiques deviennent de plus en plus répressives et non éducatives, je me suis intéressé ensuite à la prise en charge des personnes autistes en France et à leurs marginalisations. J’en viens aujourd’hui aux politiques des drogues.

L’image du « toxicomane » reste figée dans l’imaginaire commun : un homme, dangereux, sale, criminel. Même lorsque l’on pense à l’alcoolique ou au consommateur de cannabis, on imagine surtout des hommes.

Alors où sont les femmes usagères de drogues ?
Elles sont très minoritaires dans les lieux de soins : on compte environ une femme pour cinq hommes, en France. Consomment-elles réellement moins ? Quels obstacles rencontrent-elles ? Quels stigmates spécifiques pèsent sur elles ? L’action publique vise surtout les prostituées et les mères. Mais qu’en est-il des autres femmes ? L’angle d’attaque de ce sujet sera donc celui des femmes, invisibilisé et néanmoins révélateur.

Presse

Le Canard Enchaîné

22 janvier 2026 — par Jean-Luc Porquet
Durant plusieurs années, ils ont participé à des ateliers, rencontré des professionnels des mondes sanitaires, médico-social, judiciaire, universitaire. Ça s’entend, ça se voit, se sent. Ici, pas de jugement ni de manichéisme. Mais de vraies questions politiques. (…)
Tout cela déborde d’énergie, d’intelligence et de lucidité. Et de générosité.

Arts-Chipels

19 janvier 2026 — par Sarah Franck
Tous ces thèmes apparaissent dans la pièce sous la forme d’une fiction, et non d’un théâtre documentaire qui s’avèrerait aride, compte tenu des sujets abordés. Au lieu de cela, c’est la voie d’une certaine dédramatisation qui est choisie, d’une évocation pleine de fantaisie et de vie qui prend le contrepied du catastrophisme généralement employé lorsqu’il est question de drogue.

Médiapart

19 janvier 2026 — par Guillaume Lasserre
Dans un contexte national où les addictions féminines restent taboues, Hautes Perchées ouvre un dialogue essentiel, transcendant le genre pour laisser émerger des voix plurielles. Maurin Ollès confirme ainsi son talent à rendre les invisibles palpables, invitant le spectateur à interroger son propre regard sur les marginalités. Une création indispensable, qui, par sa finesse, élève le théâtre au rang de miroir social.(….)
Loin de tout misérabilisme, elle prend des accents de comédie musicale dans laquelle l’humour est omniprésent. 
Jubilatoire.

Sceneweb

15 janvier 2026 — par Fanny Imbert
Hautes Perchées réussi le pari d’apporter de la nuance et de la lumière sur un sujet chargé d’a priori. Surtout, la proposition n’enlève rien de la douleur ni de la joie qui animent ces parcours de vie, en n’oubliant pas l’espoir, qui clôt le spectacle, de voir un jour une véritable politique de réduction des risques embrassée par l’ensemble des acteurs et actrices de la lutte contre les addictions.

Calendrier

2026

Immersions Mec’s Marseille

septembre

LABORATOIRE DE RECHERCHES

2027

Suite des immersions + ateliers Mec’s Marseille + Foyer

juin 2027

Étang des Aulnes (discussion en cours) – RÉSIDENCE DE RECHERCHES

octobre 2027

Gare Franche, le Zef Marseille (discussion en cours) – RÉPÉTITIONS

à définir

Tournage Clips en structure d’accueil – RÉPÉTITIONS

2028

Recherche & immersions

juin 2028

RÉSIDENCE

août 2028

RÉSIDENCE

octobre 2028

RÉSIDENCE

octobre 2028

CRÉATION