Sous mon pelage
un coeur

Création - 30 avril 2027

Note d'intention

Sous mon pelage un coeur est une pièce qui, au travers d’un concours canin, interroge les mécanismes de la compétition imposés dès le plus jeune âge, notamment à l’école, et les manières dont nous pouvons y répondre collectivement. Une fable drôle, absurde et sensible, pour s’adresser aux enfants comme aux adultes.

Comment grandir sans toujours devoir être meilleur·e que l’autre ? Comment faire groupe dans un monde qui valorise si souvent la réussite individuelle ? Comment apprendre à penser par soi-même sans cesser de penser avec les autres ?

L’autrice Clara Bonnet a eu l’idée singulière de transposer ces questions dans l’univers d’un concours canin.

Le concours, au-delà de son simple divertissement kitsch, est un lieu de production de normes, où se rejouent des dynamiques de pouvoir, de hiérarchie et de sélection.

Au plateau, nous rencontrerons des chien·nes de concours épuisé·es par leur quête de perfection, des chien·nes errant·es aux parcours plus cabossés, un couple de maître et maîtresse largement lobotomisé·es par leurs besoins de « likes » ou un jeune dog-sitter qui fait du toilettage pour réussir à payer ses études, tandis que la voix de l’impitoyable grand juge canin se fera entendre.

Le fait de représenter des chiens et des chiennes permet bien sûr de créer une distance ludique et poétique, tout en dévoilant les injonctions violentes à la « beauté », les limites du système de notation à l’école et le rapport questionnable du maître à l’élève.

Grâce au travail du corps et du mouvement mené avec la chorégraphe Marie Fleur Hoffman, du masque, du postiche et de la transformation mené par Cécile Kretschmar, ainsi qu’à celui du costume mené par Léa Gadbois Lamer, il s’agit de célébrer une hybridation poétique entre l’animal et l’humain adolescent·e. Apparaîtront alors Vanille, une chihuahua fragile et acrobate, Duke, un chien de chasse bien plus tendre que ce qu’on le force à paraître, et Oksana, caniche royale mélancolique et lassée par ses victoires successives. On les verra s’affranchir des épreuves d’obéissance et de mordage, s’essayer au voguing ou à de la GRS canine.

À travers ces animaux, c’est bien de notre société dont nous nous amusons. Ce sont nos désirs profonds et nos rapports au regard des autres que nous questionnons, en faisant réfléchir les petit·es, et peut-être davantage les grand·es, à cette mise en concurrence forcée entre êtres vivants qui rend notre planète irrespirable. Le but étant de retrouver joyeusement un peu d’oxygène, d’entraide et de coopération entre les êtres. 

Teaser

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Durée estimée : 1h15
Tout public dès 8 ans
Public scolaire à partir du CM1

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Distribution

● texte et regard artistique Clara Bonnet
● mise en scène Maurin Ollès
● avec les comédien·nes de la jeune troupe #5 de la Comédie de Colmar Matthieu Bousquet, Lucile Roche, Pauline Rousseau
● scénographie & costumes Léa Gadbois-Lamer
● maquillage & postiches Cécile Kretschmar
● mouvement Marie Fleur Hofmann
● son Grégoire Harrer
● lumière Thierry Gontier 

Mentions

Production Comédie de Colmar – CDN Grand Est Alsace, Compagnie La Crapule
Production déléguée saison 27/28 Compagnie La Crapule

Le dispositif Par les villages est soutenu par la DRAC Grand Est et la Collectivité européenne d’Alsace.
A
vec la participation de la Communauté de communes du Val d’Argent. 
Création le 30 avril 2027 à Sainte-Marie-aux-Mines (68)

Extraits

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– L’enfant ramasseur de crottes – 
Après ils m’ont mis au CNED, c’est l’école par correspondance. Mais c’était trop tard. Même par courrier les nombres continuaient à me terroriser. J’ai commencé à faire des cauchemars, à transpirer pour rien, à avoir des milliards de pensées dans ma tête. Et mon cerveau, à force de faire des noeuds, est devenu triste. Alors maintenant je désinfecte le gazon, je nettoie les brins d’herbe à l’éponge, ça me calme. Depuis je m’y connais super bien en chiens. Je vous jure, rien qu’en ramassant leurs crottes je sais ce qu’il se passe pour eux. Par exemple, je peux vous dire que le griffon bruxellois a une peine de coeur. Que la dalmatienne déteste son maître. Ou que la femelle teckel est enceinte de triplés. Mais vous inquiétez pas c’est pas de l’esclavage infantile hein, je suis bénévole.
« 

« 
– La voix du grand juge –
Chers candidats, chères candidates, les participants du groupe 1 : Tornade, Mousse (le dalmatien), Milos, Voltaire, Mousse (le border collie) Chanel et Barbouze ne sont PAS sélectionnés pour le deuxième tour. Pour vous, le concours s’arrête ici. Vos notes ont été transmises par le logiciel à vos maîtres et maîtresses. Merci de ne pas pleurer ni baver et de laisser les loges propres après vous. Pour les autres, pensez à vous hydrater.

Vanille – La vache, ils en ont pris que sept !
Duke se remet dans ses fiches. Oksana sort un paquet de croquettes de sa poche et le mange intégralement. Vanille a du mal à respirer.
Duke – Ça va ?
Vanille – Oui oui, c’est normal c’est rien
Vanille ouvre un tube de comprimés et en avale une poignée.
Duke – On dirait pas
Vanille – C’est tout à fait normal je te dis. C’est à cause de mes opérations
Duke – T’as fait de la chirurgie ?
Vanille – Oui, pour mieux correspondre. Mes caractéristiques sont accentuées et ça me permet d’être plus visible pour le jury. Ça me provoque des problèmes de respiration parce-que ça obstrue un peu mon canal nasal, mais j’ai des médicament pour ça alors tout va bien. Me regarde pas comme ça. Me regarde pas comme ça je te dis ou je vais m’énerver.
Duke – Excuse-moi. Ça te dérange de me faire réviser ?

…..

Duke – Je crois que t’as des miettes de croquettes sur les babines
Oksana – Hum ça m’étonnerait, je concours en caniches fins.
Duke – Si je t’assure, là regarde
Oksana – C’est pas des miettes, c’est de la terre. Je vais devoir me préparer, tu peux me laisser un peu d’intimité s’il te plait ?
Duke – Bien sûr, pardon.
Duke disparaît, Oksana reste seule dans les loges.

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Presse

Le Canard Enchaîné

22 janvier 2026 — par Jean-Luc Porquet
Durant plusieurs années, ils ont participé à des ateliers, rencontré des professionnels des mondes sanitaires, médico-social, judiciaire, universitaire. Ça s’entend, ça se voit, se sent. Ici, pas de jugement ni de manichéisme. Mais de vraies questions politiques. (…)
Tout cela déborde d’énergie, d’intelligence et de lucidité. Et de générosité.

Arts-Chipels

19 janvier 2026 — par Sarah Franck
Tous ces thèmes apparaissent dans la pièce sous la forme d’une fiction, et non d’un théâtre documentaire qui s’avèrerait aride, compte tenu des sujets abordés. Au lieu de cela, c’est la voie d’une certaine dédramatisation qui est choisie, d’une évocation pleine de fantaisie et de vie qui prend le contrepied du catastrophisme généralement employé lorsqu’il est question de drogue.

Médiapart

19 janvier 2026 — par Guillaume Lasserre
Dans un contexte national où les addictions féminines restent taboues, Hautes Perchées ouvre un dialogue essentiel, transcendant le genre pour laisser émerger des voix plurielles. Maurin Ollès confirme ainsi son talent à rendre les invisibles palpables, invitant le spectateur à interroger son propre regard sur les marginalités. Une création indispensable, qui, par sa finesse, élève le théâtre au rang de miroir social.(….)
Loin de tout misérabilisme, elle prend des accents de comédie musicale dans laquelle l’humour est omniprésent. 
Jubilatoire.

Sceneweb

15 janvier 2026 — par Fanny Imbert
Hautes Perchées réussi le pari d’apporter de la nuance et de la lumière sur un sujet chargé d’a priori. Surtout, la proposition n’enlève rien de la douleur ni de la joie qui animent ces parcours de vie, en n’oubliant pas l’espoir, qui clôt le spectacle, de voir un jour une véritable politique de réduction des risques embrassée par l’ensemble des acteurs et actrices de la lutte contre les addictions.