Transmissions

Depuis sa création, la compagnie La Crapule s’attache à développer des projets artistiques en lien avec les personnes directement concernées par les thématiques et les sujets abordés dans ses spectacles.

Chaque atelier est pensé comme un espace de rencontre, de dialogue et souvent d’improvisation théâtrale, où l’enjeu dépasse largement la simple immersion ou l’écriture de fictions.

Pour nous, ces espaces de rencontres ne peuvent se limiter à une immersion ponctuelle ou à de simples entretiens. Il s’agit au contraire d’imaginer et de construire des projets spécifiques, en lien avec des équipes éducatives ou sanitaires, permettant d’instaurer une interaction profonde avec les participant.es. Nous faisons le choix de parier sur les vertus émancipatrices du théâtre, de la danse et plus largement, de la création artistique pour donner libre cours aux capacités créatives de chacun.es. 

Ce travail de rencontre avec les personnes directement concernées par le sujet traité permet d’assurer une précision sensible et nécessaire à l’écriture de nos spectacles et de faire advenir sur des plateaux de théâtre les histoires de personnes silenciées et invisibilisées.

Démarche

Au cours de la recherche autour des créations

Dès notre première création, Jusqu’ici tout va bien, nous avons affirmé cette démarche en travaillant en partenariat avec la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) à Saint-Étienne. Ce travail a permis d’inscrire la création dans un processus de partage et de réflexion collective.

Lors de la création de Vers le spectre, la compagnie est intervenue au sein de diverses structures médico-sociales. Nous avons notamment mené des projets dans plusieurs Instituts Médico-Éducatifs (IME) à travers la France, avec la création d’un clip en particulier, mais également en milieu hospitalier, notamment en hôpital psychiatrique. Ces expériences ont nourri le processus de création autant qu’elles ont ouvert des espaces d’expression et de rencontre pour les participant.es.

Pour Hautes perchées, notre travail s’est déployé dans des structures d’accompagnement et de réduction des risques, telles que les CSAPA et les CAARUD, ainsi qu’en milieu pénitentiaire. Dans ce cadre, nous avons notamment mis en place des ateliers de podcast, conçus comme des outils de prise de parole et d’improvisation. 

En région PACA

Mais la compagnie a aussi la volonté de mener des ateliers de transmission dans la région ou elle est implantée et c’est dans ce cadre qu’elle est intervenue par exemple à l’Hôpital Salvatore à Marseille avec des jeunes accueillis dans une unité psychiatrique, ou qu’elle a réalisé un projet de podcast dans une école primaire de Saint-Rémy-de-Provence. 

À travers l’ensemble de ces projets de transmission, la compagnie affirme sa volonté de faire de ces pratiques, un levier de lien social et d’émancipation. 

En marge des représentations

Nous avons pu constater que le travail de terrain préparatoire aux créations suscitait un grand intérêt chez les spectateurices. Ainsi nous travaillons le plus possible avec les théâtres qui accueillent nos spectacles à rendre accessibles les recherches et travaux qui auront permis de construire la pièce. 

Pour Hautes Perchées par exemple, une Rencontre circulaire est organisée avec le Nest-Thionville. Le NEST, a proposé à Alexis Grussi-Séné, travailleur social au sein de la Halte Soins Addictions / Salle de Consommation à Moindre Risque Argos de l’association Ithaque de Strasbourg et chercheur en sciences sociales d’animer une demi-journée de rencontres avec d’autres professionnel.les, des étudiants et du public, autour des thématiques abordées par la pièce. 

Pour Vers Le Spectre, la MC2:Grenoble a proposé un préambule au spectacle, animé par Lucas Palisse, accompagnant d’enfants autistes à domicile et dans des écoles françaises et belges.

La Compagnie se prête bien sûr volontaire pour proposer des stages, des bords plateaux et toute forme de rencontres permettant de rencontrer les publics en marge des représentations. 

Enfin, Maurin Ollès est intervenu au sein de plusieurs écoles nationales, notamment le TNS, l’ESAD et l’ENSATT, ainsi que dans différents conservatoires. Il y a mené des ateliers de pratique artistique autour de textes d’auteurs tels qu’Hugo Titem-Delaveau, Pierre Drieu la Rochelle ou Joy Sorman, mais également à partir d’adaptations cinématographiques (Oslo, 31 août, Mad Love in New York). Ces temps de travail ont aussi pris la forme de recherches par l’improvisation et l’écriture de plateau, à partir de thématiques variées telles que la justice, les addictions ou encore le cinéma.

À travers l’ensemble de ces projets de transmission, la compagnie affirme sa volonté de faire de ces pratiques, un levier de lien social, d’émancipation et de recherche artistique.